Décrue
Il faisait vide un si p’tit peu. On nous avait repris nos idées hautes, et on avait décru.
Et puis la nuit était tombée, blême et blanche, sur nos désordres.
On avait revendu le singe à la ménagerie du jardin des plantes. On avait vendu nos alibis, nos fichus et nos boucles de cheveux, nos paniers et nos tresses. Les enfants étaient partis dans le métro s’arracher quelques bras pour les pièces rouges de la classe souterraine.
Notre roulotte était plantée sous des tentes Décathlon au milieu des jonquilles qui brodent le périphérique.
J’avais vendu mon âme à des marchands de fardeaux qui l’avaient tordue comme serpillère : j’en avais pleuré de pleins seaux. Tu avais rangé tes doigts dans des muselières, les ombres dessinaient des briques à nos plafonds, tu les regardais faire.
Plus personne ne venait jamais plus. Ta guitare orpheline tapinait sur les quais pour un demi-sourire, trois petites pièces et un set de pitié en kit.
Je faisais nuit, tellement, parfois, que la fatigue était polaire. La fatigue, je la mettais en orbite de temps en temps pour quelques heures, histoire de m’en défaire, comme on confie son gosse à la télé des autres : pour l’occuper. La nuit était mon habitacle, la fatigue, mon pyjama, et tes yeux, mon baldaquin.
La voûte s’était rétrécie, l’horizon était tombé au-dessus de la Seine, aux pieds du zouave. L’est et l’ouest étaient ressuscités dans un coin de matin qui ressemblait aux cagettes des Halles d’autrefois.
J’attendais le départ, tu me disais « oui, bientôt ». Les enfants dans le métro avaient fini de grandir, leurs bras repoussés lessivaient des pare-brise avec force invectives aux automobilistes des carrefours ennuyés.
Dans une roulotte en carton sous la tente décathlon, tu as repris la route un beau matin de printemps.
Depuis, moi, j’attends.
période bleue
Nos solidaires sont morts, dehors les échafauds
Rattrapent les vivants pour en faire du troupeau.
On vend bouquets de mains à des claviers idiots
Qui fabriquent les trottoirs où tapinent les mots
Les bras cherchent leurs doigts, les moteurs, leur capot
Les têtes sont à quatre pattes et réclament fantaisie
C’est la période bleue on a fait des morceaux
A repeindre cubiques aux vitrines en sursis
A cause des orifices, il pleut dans la chambrette :
On avait des valeurs à sertir de diamants
On les a revendues un matin de disette
Elles tintent, porte-clés de sésames infamants
Les marchands sont en joie, on a très bien vendu
C’est plus offrant, pas grave, on était des humains
Pas de honte qui tienne à nos idées perdues
N’y a pas de sot métier, n’y a que de sottes mains.
Coco Feijão, 1er
Parce qu'il faut un début à tout ...
Après une version petit modèle "one shot" en trio le 30 juillet dernier à Port des Barques, le répertoire brésilien est debout, (grand modèle), à quatre.
ça s'appelle Coco Feijão, ça se chante en brésilien, en français, en guitare, en percu et en basse électrique.
On en offre la primeur à la Cav'A'So qui nous fait le plaisir de nous ouvrir ses portes pour qu'on sème entre chaise et comptoir une graine de soleil outre Atlantique.
Rendez-vous le 2 décembre prochain à la Cav'A'So, 29 quai du Gabut, 17 000 La Rochelle.
Vous passez l'info ?
Merci, à tout bientôt !
Angélique, Frank, Niô (Niôs Paiva), David le Gal
Promesse électorale
Les cocasses avaient vendu la bêche et brûlé les billets : il suffirait désormais d’un dragon sur l’épaule pour gagner son possible. On était pour.
Le pays était tiède comme avant le printemps. Et des filles en bouton, et des filles en pétales, et des filles en seringue leur léchaient les paupières entre deux draps de soie et après la marée. La récolte était bonne, et la grange était pleine, la hotte tirait la langue au père noël qui s’était rhabillé. Les coquillages déversaient leurs abondances sur les plages, juste avant la javel, et les abandons avaient replié leurs ciseaux.
On était libre enfin, on ne croyait à rien, on ne croyait en rien.
Mais les nombrils tournent en rond autour des évangiles. Le doute, ça insomniaque, ce n'était plus possible, alors on a repris la route. On a dit aux enfants de garder leurs cartables au cas où et d’arrêter de cracher sur l’asphalte comme dans une soupe.
Les cocasses de guerre lasse ont baissé pavillon. Le dragon est mort et l’histoire est partie. L’épaule désertée a repris ses habits et ses billets en branches.
Il est 8 heures et demi, c’est dimanche, on a repris la bêche.
quai des brunes
Un ventre une sonnerie les sueurs du matin
Debout à la barre la main sale à pleine poigne
Ils se serrent et s’évitent se tiédissent sans s’atteindre
On entrecroise l’octet on se plaint de soupirs
S’achètent des unités à la foire à l’encan
Il pleut des coquillages le petit chat est mort
Un smiley sur la bouche et un doigt sur le cœur
La pluie ne tombe pas, il se déserte, l’hiver
Sur le quai des urgents au bord du gyrophare
Et les oreilles obtuses car ils parlent en silence
le langage du regard aux frontières imprécises
maman ne sera plus il faisait déjà nuit
lorsqu’elle a démâté, la fille du fond du quai
Réverbère
Sous le réverbère où la nuit s'éteint
se joue un petit jour dans un rond de matin
Un halo comme une scène où la vie se promène
Il pleut dans la lumière, ça fait des étincelles
petites étoiles filantes aux trajets parallèles
Dans un duvet crasseux aux genoux repliés
une capuche comme un toit, un mégot écrasé
Le sommeil est un train, destination fragile
et la tête dodeline entre une gare et une île
n'y a plus de passage, à niveaux, à idylles
n'y a plus de mémoire, ni en mer, ni en ville
Sous le halo matin où pleuvent les lumières
un regard est resté entre vide et paupière.
Vague
Vague
sur la toile l'eau faisait des bruits de matin
étranges étrangers
à jamais pas tout à fait
hébergés
froide, exotique,
la jonque coquillage aux souvenirs muets.
plic ploc, sortis du bain, debout sous la pluie
une barque éventrée et la dérive orange
vos lits improvisés aux fortunes de matelas sans voiles
petit navire sans capitaine, et la courte courte paille :
le hasard, toujours, punit.
Ce n'est pas de sa faute.
nager, savoir, il faut, et si tête haute, fierté à bon marché : rien ne nous manquera comme l'idée d'une presque maison.
J'ai parti
vous, les îles jachère
loin de l'autre
l'un
l'un l'autre
rien d'autre
j'ai parti
avant la marée haute
bras de mer à franchir
vos deux îles affranchies :
à jamais désertiques de ce qui n'a pas poussé.
La marée entre deux à poussé le possible : nous n'irons plus ensemble, c'est parce qu'on n'a plus pied.
chevaliers orphelins
j'ai parti pour toujours
sur un autre bateau. Petit mouchoir. Bientôt.
est-ce que si me manquez je vous manque en retour ?
voguez maintenant
à vos planches de salut.
Chevaliers orphelins
rescapés de mes guerres perdues
Tam tam tam ! Tam'notes !
Bonjour bonsoir à tous !
- Ce projet s'adresse à vous si vous êtes musicien amateur, même débutant, ou si vous avez la plume qui vous démange de temps en temps. (accordéon, basse, harpe, trompette, violon, guitare, saxo ... voire kazoo, tuyau acoustique, coquillages ... bienvenus ! Stylo à bille, plume, clavier, crayon à papier, bloc note ou cahier d'écolier bienvenus aussi.)
- Il s'adresse à vous si vous n'êtes pas musicien encore ... faute de temps, de confiance en vous ou faute d'occasion ... mais pas faute d'envie. En ce cas, vous entrerez dans le Tam'notes par la lorgnette de la dynamique du projet, ce qui vous amènera à jouer de ceci et de cela, sans complexe, et à écrire pour dire sur scène ceci et cela dont vous ne soupçonniez même pas l'existence dans votre moi profond ou votre fibre sensible extravertie ou en voie de l'être !
- Il s'adresse à vous si vous aimez la rencontre, les planches, et l'idée d'ouvrager ensemble un spectacle dont nous-vous serions-seriez les auteurs et interprètes tout à la fois.
- Il s'adresse à vous si vous avez de 13 à beaucoup beaucoup plus de bougies sur le gâteau, si vous voulez.
Lu sur le site du Tamanoir : http://www.letamanoir.com/activites/33/Tam-Notes-session
"Tam'Notes Session est un spectacle original mêlant des textes, des harmonies et des percussions. Il s'adresse à des musiciens amateurs instrumentistes et percussionnistes.
L’ouverture aux pratiques amateurs , encourager la création collective… C’est le cœur du projet de l’aventure Tam’notes commencée depuis plus d’un an rassemblant des débutants, des percussionnistes, des musiciens amateurs d’horizons divers et de niveaux de pratique hétérogènes. Encadrés par des intervenants artistes, l’ensemble ainsi réuni s’engage dans une production de textes selon une thématique choisie en arrangeant et en interprétant une musique originale. Parmi les musiciens, guitaristes, bassistes, et autres instrumentistes sont les bienvenus. L’objectif est de produire un spectacle de 50 minutes mêlant musique et slam.
Des répétitions auront lieu aux Conservatoires E . Varèse et Léo Délibes.
Le spectacle sera joué à Clichy et à Gennevilliers." Sic.
On peut même vous dire qu'il se jouera à l'auditorium du Conservatoire Léo Delibes le 13 mars prochain.
Tam'Notes Session, c'est aussi l'écriture des textes du spectacle en question ...
La première session de rencontre et de répétition a lieu le samedi 5 novembre au conservatoire Edgar-Varèse à Gennevilliers, à 14h30, 13 rue Louis Calmel, M° Les Agnettes. Vous pouvez venir pour le plaisir, pour prendre la température, pour nous rencontrer ... et aussi pour vous engager si vous trouvez que l'idée a une bonne tête !
Pour ceux qui ont manqué les épisodes précédents : Tam'notes Session a vu le jour au printemps 2010. Ecrivants lycéens du Lycée René Auffray de Clichy et musiciens de Gennevilliers ont conçu la première session avec notre équipe. Le spectacle a été joué en juin 2010, avec sur la scène du Tamanoir puis celle du carnaval de Gennevilliers, devant un public en liesse totalement conquis (!) : Fiorenza et Juliette aux harpes, Roxanne à l'accordéon, Jean-Luc et Dimitri aux percus, Llorenz à la trompette, Pico à la guitare. Jeannette, Morgane, Héloïse, Khaled, Pierre et Dayron aux textes et à la voix. Accompagnés par Ahmed (batterie), Frank (guitare) Christophe (basse) et Angélique (choeurs et coaching récitants).
La seconde session a annoncé ses prémices au printemps dernier, où Fiorenza, Jean-Luc et Grégoire sont venus nous rejoindre pour reposer quelques notes et quelques idées, et où Morgane, Jeannette et Khaled sont venus enregistrer au studio du Tamanoir leurs textes initiaux sur les compos originales de la session 2010 ... Certains d'entre vous ont taquiné leur inspiration littéraire au cours d'ateliers d'écriture au Tamanoir où vous avez dit des mots sur les impros de Frank à la guitare ... D'autres encore, bien avant, ont flirté un printemps des poètes avec Turbulence ... Une fête de la musique avec Kaléidoscope ... Un automne Mosaïque ... bref ... on a déjà du se croiser ici ou là autour d'une scène, d'un cahier, ou au coin d'une guitare.
Aujourd'hui, nous relançons l'aventure. Nous vous invitons à nous y rejoindre !
Plus d'informations en nous appelant directement, en nous écrivant, en nous envoyant des signaux de fumée, en venant sans crier gare (Où ? au conservatoire Edgar Varèse. Quand ? le 5 novembre à 14h30. Comment ? par le métro, le bus, votre voiture ou celle de votre maman, votre copain votre copine, à pied, au pas de course ... hélicoptères déconseillés faute d'aire d'atterrissage, nage déconseillée faute d'eau baignable. Avec quoi ? Votre stylo votre cajon votre maracas votre djembé votre piano votre mirliton votre sifflet de carnaval votre voix vos yeux votre sourire et tout le reste aussi)
Calendrier des répétitions :
les après-midi : samedi 5 novembre, samedi 19 novembre, samedi 3 décembre, samedi 10 décembre, samedi 7 janvier, samedi 21 janvier, samedi 4 février, mercredi 7 mars (horaires à définir), samedi 10 mars, lundi 12 mars (horaires à définir)
1ère diffusion le mardi 13 mars à 19h30 à l'auditorium du conservatoire Léo Delibes à Clichy.
A bientôt, peut-être, sans doute, possiblement, à la folie, le 5 novembre au conservatoire Edgar-Varèse.
O bebado e a equilibrista
L'ivrogne équilibriste
Paroles d'Aldir Blanco - chanson interprétée par Joao Bosco (et Coco Feijão dans une certaine mesure)
http://www.youtube.com/watch?v=f27iTlUpQjY
La lumière
Du pont des heures au bord du soir
Salue le deuil d'un vieux clochard
Qui me rappelle Carlitos
La lune
Comme une madone de bordel
Demande à chaque étoile du ciel
Son éclat pour une thune
Les nuages
Là-bas sur les travées d’azur
Déchirent le bleu et le torturent
Jusqu’à la transe
Démence
De l'ivrogne au chapeau fragile
L'insolente prière immobile
A la nuit du Brésil
Il rêve
A la venue d’un frère d’Henfil*
Frondeur et debout sur le fil
Tendu de la liberté
irriguée
au nom de « patrie mère gentille »
des larmes de Clarisse et Marie
au sol de son Brésil
il sait
que la souffrance est quotidienne
et qu’aussi dure que soit la peine
elle abreuve l’espoir
hasard
funambule ivre du vent qui passe
la chute à chaque pas le menace
mais toujours il avance
il danse
sur fil d’espoir fragile, et ténu
et le spectacle continue
le spectacle continue
* Henfil, c'est un écrivain, humoriste et dessinateur brésilien, mort en 1988 du sida (hémophile, infecté suite à transfusion ...). Auteur satirique. fervent opposant de la dictature.
João Bosco
http://www.joaobosco.com.br/novo/
ça se noomize, ça se space et ça se booke
En ce moment même, révolution on ze toile !
3 pages inédites se fabriquent et nos URL sont en délire !
Tout de suite en direct de Vouillé les Marais où la connexion souffre du haut de ses 2 méga / seconde, notre envoyé spécial nous affirme que rien ne beugue. Les photos de Léa se téléchargent normalement, les morceaux de la maquette font pédaler les petits sabliers, bientôt le pur accent bahianais de la chanteuse va claironner dans les chaumières aux rythmes endiablés du Xote et du Baião, et vos clics en furie vont faire péter l'audimat !
Merci, cher futur public, d'avance, merci !
http://www.facebook.com/pages/Coc%C3%B4-Feij%C3%A3o/189681437775186

























