08 novembre 2007
Grand Corps Malade à Sevran le 9, à Clichy le 10 novembre !
Dans la rubrique "Grave en retard pour la comm", voici la suite ...
Vous connaissez bien sûr Grand Corps Malade et son album Midi 20...
Le premier du genre à avoir enchanté le public à avoir attiré l'oreille et la plume des tout plein de slameurs qui ont pris le chemin de nos troquets, nos théâtres et nos rues, nos préaux, nos trottoirs, nos apparts enfumés où jusqu'à des petits matins se posent les inédits sur des impros de voix, percus et nos applaus, et le monde qu'on refait à chaque nouveau texte ...
Toi, moi, et les autres, un truc qu'on recommence avec des idées neuves après chaque révolution, chaque petit cri rebelle, chaque crise, ou chaque oubli...
Alors donc, un album incontournable dans une petite histoire déjà grande, avec les anciens, les nouveaux, les genres et les questions du public qui nous poussent à réfléchir, c'est quoi le slam, c'est quoi le spoken word, c'est quoi un artiste issu du slam, est-ce que quand tu slames t'es artiste, est-ce que t'es artiste si tu slames, est-ce que écrire ça veut dire être écrivain, est-ce que dire et écrire c'est pareil, est-ce que si tu chantes tes textes c'est du slam, est-ce que sur ton album si tu mets pas que du parlé on te dira que t'es pas un slameur, c'est qui le premier du rap ou du slam, est-ce que t'es obligé de dire des trucs urbains, c'est qui celui ou celle à qui on doit le mot, c'est qui qu'a commencé en France, "c'est qui c'est quoi ces mecs chelous qui viennent pour raconter leur vie" ???
L'avantage très particulier de ce "mouvement", "réseau", "courant artistique", "vecteur de la parole", enfin bref, du slam, c'est qu'il ne te donnera aucune réponse à toutes ces questions. Une pure garantie de bordel intellectuel où ta parole devient tellement complexe que tu vas la réduire de toi-même à son essentiel pour ne pas t'y perdre : drôle ou grave, fine ou re-lou, vulgaire ou distinguée, gueulée, psalmodiée, chuchotée ou chantée, mais ta parole à toi et puis c'est marre.
Viens, donne, prends, écoute... le sens, ça vient tout seul, c'est sans blabla, c'est le jour ou d'un seul coup tu te découvres autre, juste parce que tu as ouvert tes portes à l'autre. Je est un autre, l'enfer, les autres, et toute cette histoire là. Ta route à faire et puis voilà. Une larme ou un sourire au bord d'un refrain, le coeur en bandoulière pour te balader sur l'avenue, ouvert à l'inconnu. Et puis savoir que t'es pas tout seul, Jef. Avec tes mots et tes silences qui du coup deviennent aussi du langage.
Bon.
Tout ça pour faire un hommage à Grand Corps Malade qui a ouvert ces portes-là au grand public, et qui vient, au fil de sa tournée, rencontrer la plupart de toi et moi jusque dans sa banlieue, sans oublier pour autant ses rendez-vous de slam au Café Culturel de Saint-Denis...
Et nous, sans oublier qu'en ce mois d'avril 2005, pour la toute première scène de C'est Slam au café Le Dôme à Clichy, il était là, Grand Corps Malade, notre premier invité, avec Fleur et Fred, et que nos jeunes écrivants ont démarré avec lui, les yeux dans les yeux, se sont partagé la même scène, et même si vous ne me croyez pas.
De Sim Sim qui à l'époque avait 6 ans et dictait ses textes à Corinne sa maman, à LéaH qui entre temps s'est rebaptisée Little Lily (c'est depuis qu'elle a grandi qu'elle s'appelle little), en passant par Paul, Marion et Sam, des fidèles s'il en est, à la plume économe mais assidue, aux silences pleins, et puis les cinq Fantastiques, qui étaient rentrés parce qu'il y avait de la lumière, et une fois compris le concept, qui ont écrit sur toutes les nappes du bistrot pour avoir un vers à croiser avec les autres et un verre à trinquer avec nous... et puis Petit Homme Libre, Titeuf, Pickwick... enfin de tous nos ptis loups au verbe haut ou au regard pudique, aux voix osées ou aux libres interprétations de Boris, aucun je crois n'a oublié ce truc essentiel : Grand Corps Malade, c'est un slameur exactement comme eux aussitôt qu'il est sur une scène ouverte, c'est pas nécessairement un type à qui on demande un autographe, c'est d'abord un type qui écoute les autres quand ils parlent, puis qui parle à son tour, quel que soit ton âge et ton langage, c'est un type avec qui on peu boire un coup, voilà ... Et nous, on attend qu'il revienne à Clichy, un jour pour le plaisir, sans prévenir. Exactement comme reviennent - ou ne reviennent pas - tous les slameurs qu'on a entendus, attendus, et qui arrivent toujours à l'improviste.
Grand Corps Malade - Le cercle des poètes sans instrus, avec Droopy, Techa, Lyor, Néobled, Rouda, John Pucc' Chocolat et Grand Corps Malade.
Demain soir, Grand Corps Malade à Sevran, salle des fêtes, 9 rue Gabriel Péri.
Après-demain soir, à Clichy, théâtre Rutebeuf, allées Gambetta, M° Mairie de Clichy.
Et des attentats verbaux ... des slameurs, des mots, des émotions.
Venez, venez, venez ! (S'il reste des places ...)
Commentaires
waouououou
merci pour ce bel hommage et tous tes mots...
quelle joie !!! Sevran puis Clichy ... vivement la Rochy Chlichelle en direct télétransportation et transmutation...
Et ce soir moi toute fatiguette que chui je pense à ce Grand Corps Malade que j'ai "agressé" après le concert de Souleymane le 25/9 dernier pour lui dire dans les yeux que c'est bien grace à lui qu'on slamme à La Rochelle ... grace à sa voix inimitable que j'ai décidé d'ouvrir le maïc' -comme dis ROUDA- grace à ses mots si forts et si nombreusement habilement joliment douloureusement fraternellement assemblés et à nos oreilles livrés... grace à sa façon unique de se sortir de la déroute en s'accrochant aux mots grace à ce talent qui fait de St Denis la capitale du slammmmmm et la plus jolie ville de France.
alors salut à vous tous slammeurs adorés et que c'est bon de suivre même de loin vos délires de mots dits...
Je vous aime
Khristine
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