03 août 2009
Pour la lisibilité ...
On a fait remonter le message initial de ce blog (début 2007), qu'on avait actualisé lors de la résidence aux Déchargeurs (octobre 2008), pour que vous preniez l'histoire au commencement, même si vous la prenez en cours de route.
C'est un peu la fondation de l'édifice. Edifice qui a dépassé le stade château de sable, qui a accédé au statut toile de tente, qui aspire à la distinction "roulotte tout terrain", tout en demeurant un peu cabane dans l'âme parce que ça, c'est une question d'origine.
On aurait voulu cet espace narratif et poétique, voire, un peu bohème. Mais le quotidien nous a attrapé de sa poigne implacable, et depuis, il faut ruser. Mais on va s'y remettre.
Tenez, d'ailleurs, voici un pti texte.
Le dernier en date.
Paroles de Chine
J’ai mis dans ma besace quelques mots passerelle
Des rhizomes enlacés à l’axone rieur
Quelques chants rossignol aux accents voyageurs
Dessiné d’une plume dérobée à leurs ailes
J’ai mis dans mon cahier des paroles de Chine
Des rêves porte-plume aux signes apprivoisés
Des trésors aux mains sales aux cachettes malignes
Et pour les grands voyages des boussoles en papier
J’ai pris dans ta besace quelques mots passerelle
Mes branches enlacées à tes cimes couleur
Et tes chants rossignol greffés à mes humeurs
J’ai repeint ma façade de signes tourterelle
J’ai pris dans ton cahier des lettres d’avant-hier
A coller en gommettes sur les touches du clavier
Pour épeler demain de notes aventurières
Saisies à l’aveuglette à l’écran des années
J’ai mis dans mes sourires quelques rêves silencieux
A regarder grandir sur les chemins du temps
Des alphabets muets à dévorer des yeux
Et des bouches gourmandes pour y croquer dedans
Des bulles z à gogo un rien zénigmatiques
Des chiffres à chanter qui ne compte plus rien
Et qui s’envolent haut aux heures zarithmétiques
Pour redevenir zen au bas des parchemins
J’ai pris à mes souvenirs les pages multicolores
Et je les ai pliées pour en faire un bateau
Avec des animals dessinés à son bord
Prêts à larguer les amarres au premier sirocco
J’ai dessiné dessus un arc-en-ciel de nuit
Suspendu à l’envers des matinées de toile
Où les mains se réveillent à une peau endormie
Pour y peindre dessus des lunes et des étoiles
Et y a dans nos chansons nos moissons passagères
Des ratures qui se perdent dans des cages sans mémoire
Des jardins à sourire pour quand il pleut bergère
Des refrains dans les poches percées de nos histoires
Les bulles à gogo, les cachettes malines
Les trésors aux mains sales dénichés sous la dune
Les Pierrots enchanteurs qui chantent Colombine
Les paroles de Chine et les dessins de lune.
Et y a dans nos chansons nos moissons passagères
Des ratures qui se perdent dans des cages sans mémoire
Des jardins à sourire pour quand il pleut bergère
Des refrains dans les poches percées de nos histoires
Frank et Angélique
Commentaires
Impressionnant et magnifique ce texte ! Il me donne à espérer vous voir un jour en concert, vers Reims... ou sur une scène slam. isa.
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