04 août 2009
Rectangle
Un fil à plomb sur l’horizon
Ça prend le ciel comme une toiture
C’est bien joli pour un plafond
Y a plus qu’à hisser la voilure
A sa fenêtre
Comme un voilage
Puis mettre
Le soleil en cage
Un petit cadre sans prétention
Pour mettre du jour à la maison
Mais si demain il fait hier
C’est qu’tu as laissé les barreaux
Comme toujours
Retourne apprendre chez Prévert
A faire le portrait d’un oiseau
Mon amour.
photo Trois baudets, Sébastien KUNZ
Angélique
Texte publié automne 2006 dans "Flamme de Sens", recueil de Slamoféminin.
Mis en musique par Frank pour "Mots Nomades"
duo guitare/voix.
03 août 2009
Pour la lisibilité ...
On a fait remonter le message initial de ce blog (début 2007), qu'on avait actualisé lors de la résidence aux Déchargeurs (octobre 2008), pour que vous preniez l'histoire au commencement, même si vous la prenez en cours de route.
C'est un peu la fondation de l'édifice. Edifice qui a dépassé le stade château de sable, qui a accédé au statut toile de tente, qui aspire à la distinction "roulotte tout terrain", tout en demeurant un peu cabane dans l'âme parce que ça, c'est une question d'origine.
On aurait voulu cet espace narratif et poétique, voire, un peu bohème. Mais le quotidien nous a attrapé de sa poigne implacable, et depuis, il faut ruser. Mais on va s'y remettre.
Tenez, d'ailleurs, voici un pti texte.
Le dernier en date.
Paroles de Chine
J’ai mis dans ma besace quelques mots passerelle
Des rhizomes enlacés à l’axone rieur
Quelques chants rossignol aux accents voyageurs
Dessiné d’une plume dérobée à leurs ailes
J’ai mis dans mon cahier des paroles de Chine
Des rêves porte-plume aux signes apprivoisés
Des trésors aux mains sales aux cachettes malignes
Et pour les grands voyages des boussoles en papier
J’ai pris dans ta besace quelques mots passerelle
Mes branches enlacées à tes cimes couleur
Et tes chants rossignol greffés à mes humeurs
J’ai repeint ma façade de signes tourterelle
J’ai pris dans ton cahier des lettres d’avant-hier
A coller en gommettes sur les touches du clavier
Pour épeler demain de notes aventurières
Saisies à l’aveuglette à l’écran des années
J’ai mis dans mes sourires quelques rêves silencieux
A regarder grandir sur les chemins du temps
Des alphabets muets à dévorer des yeux
Et des bouches gourmandes pour y croquer dedans
Des bulles z à gogo un rien zénigmatiques
Des chiffres à chanter qui ne compte plus rien
Et qui s’envolent haut aux heures zarithmétiques
Pour redevenir zen au bas des parchemins
J’ai pris à mes souvenirs les pages multicolores
Et je les ai pliées pour en faire un bateau
Avec des animals dessinés à son bord
Prêts à larguer les amarres au premier sirocco
J’ai dessiné dessus un arc-en-ciel de nuit
Suspendu à l’envers des matinées de toile
Où les mains se réveillent à une peau endormie
Pour y peindre dessus des lunes et des étoiles
Et y a dans nos chansons nos moissons passagères
Des ratures qui se perdent dans des cages sans mémoire
Des jardins à sourire pour quand il pleut bergère
Des refrains dans les poches percées de nos histoires
Les bulles à gogo, les cachettes malines
Les trésors aux mains sales dénichés sous la dune
Les Pierrots enchanteurs qui chantent Colombine
Les paroles de Chine et les dessins de lune.
Et y a dans nos chansons nos moissons passagères
Des ratures qui se perdent dans des cages sans mémoire
Des jardins à sourire pour quand il pleut bergère
Des refrains dans les poches percées de nos histoires
Frank et Angélique
02 août 2009
ange.fr - Frangélik
Au commencement de l'histoire, il y a les deux petits que vous voyez là. Des cachettes, des refrains, l'insouciance ...
On était des champions de cabanes, on aimait la pêche, on inventait des histoires, il y avait big Jim, big Jack, big Jef pour qui on créait des parcours d'aventure. On chantait à tue tête, tout le temps, Joe Dassin, Michel Sardou, Michel Fugain, Cloclo... On s'émouvait de beaucoup de choses, on pleurait pour des petits riens, un chien que l'on maltraite, une plage souillée par les plaisanciers, la fin tragique de Davy Crockett à Alamo ...
On habitait à Casablanca, et Paloma, une petite plage non loin de Mohamédia hébergeait nos rêves et nos conquêtes. On avait des projets.
Ici on met le film sur pause, on laisse passer trente ans.
Trente ans pour devenir grands, chacun de son côté. Trente ans pour avoir un métier, des amis, une famille, des passions. Trente ans pour s'oublier, peut-être. Mais peut-être pas.
Ici on remet le film en lecture.
Frank me retrouve en juillet 2006. Il est musicien. J'écris des textes.
On a envie de refaire une cabane, tous les deux. Une cabane de mots, de notes et de voix, une cabane pour des grands pas si grands que ça. Une cabane pour héberger nos rêves et nos projets. Nos projets d'alors, et nos projets de maintenant. Depuis le mois de septembre 2006, donc, on charpente...
Le projet s'appelle Frangélik. On n'a pas trouvé d'autre façon de dire.
Dans la cabane, on a invité des musiciens, il y a Jean-Philippe aux percussions, Christophe à la contrebasse, Frank à la guitare et à la compo, et moi-même aux stylos... et puis nous deux, bien sûr, aux voix.
Un premier concert a été programmé le
jeudi 10 mai 2007
à l'Espace Henry Miller,
dans le cadre des programmations artistiques de l'association C'est Slam. Le concert fut précédé d'une scène slam... mais je vous parlerai plus longuement du slam une autre fois.
D'autres concerts ont suivi, des rencontres, des bars, de petites salles de spectacle, de grandes émotions, de nouveaux morceaux ...
D'autres suivront encore. On commence une petite résidence de quelques mois au Théâtre des Déchargeurs cet été. Les mardis. Mets une croix sur chaque mardi du 19 août au 20 décembre. Il y en a 18. Mets une pierre blanche sur l'une des croix et viens nous voir ce soir-là. Le pestacle s'appelle "Mots Nomades". A partir de 2 pierres blanches, tu deviens un public fidèle. Dès que tu ajoutes à tes pierres blanches ton bouche à oreilles de potes, tu deviens un SUPER public. Et on a besoin de toi, SUPER public !
.......
On a subrepticement changé de métier.
On était respectivement maître et maîtresse d'école. On est devenu saltimbanque. C'est joli. C'est un peu différent. ça nous plaît.
Et à la croisée de notre ancien métier et du nouveau, on a posé les premières pierres d'un édifice qu'on appelle Frangéslam. Un versant d'activités où on met notre fabrique à musique au service d'un public qui se met en chantier de création pour monter sur scène ensuite avec nous. On ateliérise, on musicalise, on répétise, on concrétise, on s'investise, on scénifie, on applaudise et on quelques bêtises aussi.
On aime bien.
C'est du slam, mais pas très. De la musique, mais pas que. De la scène, toujours. Du partage, si t'en veux. Tes mots à toi, parce que t'en as. Les idées de ta casquette avec l'émotion de tes fenêtres, tes sonorités en mode séduction de tes rythmes implicites, ta voix à l'unisson des harmonies qu'on se fabrique à résonner ensemble. On se fait des morceaux, quoi. des tranches. des barres. des bouts de rien qui bout à bout font des spectacles uniques avec l'énergie du groupe et les muses de chacun.
Si tu veux, viens. On papotera un bout de chemin.
01 août 2009
Les photos des Trois Baudets !!!
A toi qui nous lis depuis le début de l'aventure ... toi qui nous as suivi depuis les premières "répètes cabanes" jusqu'au premier concert au Théâtre Rutebeuf, en passant par les Baisers (Salés), les Bocks (de Bohème), tous les lieux chouettes et intimistes qui ont fait confiance à notre bb création, mais aussi les bistrots (où il faisait bruyant), les médiathèques (et son public très attentif), les voitures à remplir (où il faisait un peu étroit), les amplis à porter (où il faisait lourd), les percus à stocker, les kilomètres avec ou sans hébergement, à toi qui es peut-être venu "aux Dèch" l'automne dernier, à toi, donc, nous sommes très heureux de te montrer le ptit dernier, l'album souvenir de la soirée aux BBB.
Il s'agit de quelques photos de Sébastien KUNZ, de notre concert le 8 juillet dernier au Théâtre des Trois Baudets.
Fiers nous sommes.
Lieu prestigieux, souvenirs chaleureux, une bien belle scène ma foi, à faire rêver, et on en redemande !
Merci à Universlam et aux Trois Baudets pour cette programmation. Merci à Seb pour son objectif infatigable, à Djimini pour les images qui bougent.


















