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Petite plage artistique où se reposent des vagues à slam en prose en vers et en musique ...

04 juillet 2008

..... extrait de rue .....

.....

"Les anciens vitriers rêvent de partir à deux

avec leurs hottes au contenu si sensible

qu’il tranchait les bras à l’appui des fenêtres.

Les marchandes de peaux crient du fond de leurs tombes

en prenant des voix de lapin.

Aucun ne reviendra."

....

in "le ciel et la terre se marient"

extrait du poème La Rue, Gisèle Prassinos.

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Au bord du voyage ... Gisèle Prassinos

Au bord du voyage

Dans l’émail bleu le ciel cuit son œuf

Sans doute il y a réception à la cour de la mer.

Les villes apprêtent leurs carrosses

à grand bruits de fraîcheur.

Devant leurs magasins les coiffeurs empèsent.

Il y a des chariots pleins

des valises, des femmes mouillées

parmi le bariolage des cris et des parfums.

D’une main on touche les couleurs et de l’autre les fruits

les bistrots coulent dans le gris

lourds, avec des paquets de chaussures à terre.

Leurs voix télescopent des souhaits

des noms de villages des mystères.

Car c’est l’été au bord du voyage.

(le ciel et la terre se marient   page  45)

allez jeter un oeil sur le site : www.lesmotsenpartage.fr

des découvertes en cascade des clics de la Cave à Poème...

Posté par Angelique_ à 19:21 - Textes d'auteurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2008

Ton sourire ... (pour L)

Je vous ai déjà parlé de Domino.

Une rencontre de regard, une rencontre de plume, ce qui ne se dit qu'en pudeur au fil des lignes serrées où l'on s'apprend sans se toucher, sans presque se croiser, ni du regard, ni de la plume.

Quelque chose de si ténu qu'on aurait pu passer à côté de l'émotion sans la voir ...

je vous laisse découvrir...

Ton sourire (Pour L)
                                        

Je suis devant la porte.
J'attends un peu avant de sonner.
Je rassemble mes idées.
Je me répète dans la tête,
ce que je dois dire, ce que je dois faire.
J'appréhende le moment où la porte va s'ouvrir...
Je me concentre pour donner le change.
Je me fabrique un visage.

J'y colle le plus beau sourire que je puisse faire.
Ma main hésite, puis appuie sur le bouton.
Quand la porte s'ouvre, je t'aperçois enfin.
Tu cours vers moi, et tu sautes dans mes bras.
Ton éclat de rire s'étouffe dans mon cou.
J'oublie un instant pourquoi je suis là.
Je me laisse aller à te serrer dans mes bras.
Mais j'ai peur de te casser, de te faire mal.
Tu es si menue, si fragile....
Je te repose enfin sur le sol.
Tu cours autour de moi comme une toupie.
Puis tu prends ma main et tu m'entraines vers la table.
Tout est en place.
Tu as déjà installé les cahiers et les livres.
Tu scrutes mon visage pour guetter ma réaction.
Tu es ravie de ta surprise....
Et alors que je m'installe,
tu te glisses sous la table pour venir t'asseoir près de moi.
Tu ouvres ton cahier.
Et pendant que tu t'appliques à écrire,
le regard concentré, et la main serrée sur le stylo,
je te regarde.
Je vois la pâleur de ton visage,
et la gravité de ton regard.
Tu portes un foulard qui cache ta tête nue.
De temps en temps, tu m'interroges de tes grands yeux noirs.
Je fais un effort pour garder le sourire,
mais ma voix tremble un peu malgré moi quand je te réponds.
Mais très vite, le sourire s'efface de ton visage.
Ton regard se fait plus sombre.
Des cernes mangent peu à peu tes yeux.
Ta main reste en suspens au-dessus de la feuille.
La fatigue t'envahit
et ton corps s'enfonce et se ratatine contre moi.
Ton regard me fait mal.
Je t'encourage pourtant,
je cherche des mots pour te réconforter.
Ils sont si difficiles à trouver.

Je sais que je dois résister,
que tu attends de moi la force de continuer.
Demain, je reviendrai devant ta porte.
J'attendrai que tu m'offres encore ton sourire.
Mais pour l'instant, je te quitte.
Je te regarde une dernière fois avant de franchir le seuil.
Mais tu n'es déjà plus avec moi...
Etendue sur le canapé, ton visage est enfoui dans tes bras.
Quand je suis seule dans l'ascenceur,
je peux enfin me laisser aller...
Dans ma tête et dans mon coeur,
il n'existe plus que ton sourire.
Oui, demain, je reviendrai pour le retrouver....

                                                                                Domino

Posté par Angelique_ à 12:28 - Textes d'auteurs - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2007

Iles

Iles

Iles où l’on ne prendra jamais terre

Iles où l’on ne descendra jamais

Iles couvertes de végétation

Iles tapies comme des jaguars

Iles muettes

Iles immobiles

Iles inoubliables et sans nom

Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu’à vous

Blaise Cendrars in Au coeur du monde, poésies complètes 1924-1929, Gallimard

ilebleue

Christian Thouvenin. île bleue.

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03 juillet 2007

Je veux une vie en forme d’arête

Je veux une vie en forme d’arête

Sur une assiette bleue

Je veux une vie en forme de chose

Au fond d’un machin tout seul

Je veux une vie en forme de sable des mains

En forme de pain vert ou de cruche

En forme de savate molle

En forme de faridondaine

De ramoneur ou de lilas

De terre pleine de cailloux

De coiffeur sauvage ou d’édredon fou

Je veux une vie en forme de toi

Et je l’ai, mais ça ne me suffit pas encore

Je ne suis jamais content.

Boris Vian 5 décembre 1952, in "Je voudrais pas crever"

Posté par Angelique_ à 22:53 - Textes d'auteurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juin 2007

Pour toi mon amour

Je suis allé au marché aux oiseaux

Et j’ai acheté des oiseaux

Pour toi

mon amour

Je suis allé au marché aux fleurs

Et j’ai acheté des fleurs

Pour toi

mon amour

Je suis allé au marché à la ferraille

Et j’ai acheté des chaînes

De lourdes chaînes

Pour toi

mon amour

Et puis je suis allé au marché aux esclaves

Et je t’ai cherchée

Mais je ne t’ai pas trouvée

mon amour.

Jacques Prévert, in Le Prévert, album Dada, Mango jeunesse

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