C'est le titre d'un livre d'Yves Grevet.

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C’est une fiction. Nous sommes en 2028. L’école a été phagocytée par les entreprises. Les enfants de riches vont dans des écoles privées. Les enfants de pauvres, dans des entreprises qui leur délivrent un savoir indigent, c’est-à-dire les conditionnent au minimum de compétences requises pour servir leur activité économique. Un peu d’enseignement, dispensé « gratuitement », en échange de contreparties en nature : rendu de service à l’entreprise (remplir les rayons, étiqueter les produits, charrier des sacs, vider des camions...). L’enfant qui « travaille bien » sera récompensé en fin de semaine par des bons d’achat.

Ce mode d’enseignement est la résultante de « la grande crise » du début du siècle qui a abouti à un appauvrissement de la population tel qu’il a fallu prendre des mesures économiques drastiques. L’école est devenue trop chère, alors elle s’est privatisée. Les enfants de pauvres sont retournés au turbin et les entreprises ont pris en charge ce que l’école publique – qui n’existe plus - a abandonné : le formatage fonctionnel des individus pour les rendre aptes au service.

Mais des parents et des enseignants ont organisé « l’école du maquis ». Une école clandestine. Certaines familles décident d’y envoyer leurs enfants. C’est illégal, car elles doivent honorer l’engagement contracté auprès des entreprises qui ont accepté d’éduquer « gratuitement » leurs enfants, en échange de quelques années de leurs bons et loyaux services. Soustraire son enfant à l’entreprise, c’est rompre le contrat. C’est devoir rembourser l’investissement de l’entreprise dans l’entreprise d’éducation.

Ce petit livre de 44 pages est paru chez Mini Syros en 2012. C’est une collection de littérature de jeunesse.

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C’est la réalité. Nous sommes en 2014. L’école publique a ouvert ses portes aux organismes privés pour qu’ils lui proposent des offres éducatives aptes à alléger la journée scolaire.  

Ça s’appelle la réforme des rythmes scolaires.

C’est un marché public.

Véridique.

 

Peut-être que certains décideront de prendre le maquis, allez savoir.